lundi 11 avril 2011

Disque : Bill Callahan - Apocalypse (2011)

Si l’apocalypse devait avoir une voix, je souhaiterais que ce soit celle de Bill Callahan. Ainsi j’aurais moins peur du chaos et me laisserais submerger sans même pleurer. Je dis cela car la voix de Bill impose le respect.

Ce chanteur est doté d’un organe exceptionnel qui ne peut laisser indifférent le mortel. Une voix très grave idéale pour la musique "sérieuse". Le genre de voix qui vous tétanise. En plus d’être un chanteur d’exception, c’est un parolier hors norme qui s’appuie sur sa propre expérience. Certain penseront que le nom de l’album est un peu mal placé dans le contexte actuel, celui de la menace nucléaire. A croire que l’américain est visionnaire mais ce n’est qu’une malheureuse coïncidence. C'est l’occasion pour tout le monde de prendre conscience du danger dans lequel on vit et des magnifiques choses que nous risquons de perdre si l’on continue à jouer aux chimistes, à commencer par ce beau relief qui orne la pochette.

Revenons au contenu du disque. Les mélodies sont légères alors que le ton est grave. Des compositions qui sont là pour faire passer la pilule de paroles qui abordent des thèmes comme la guerre par exemple ("America!"). Entre americana et folk, Bill perpétue la musique traditionnelle américaine en la sublimant d'arrangements modernes. Derrière une rythmique précise et de qualité, l'originaire du Maryland semble même improviser à moins que ce ne soit l’inverse et que les musiciens se plient à cette démonstration verbale ("Universal Applicant"). Cette impression est surtout due au fait qu’il y a eu peu de prises et très peu de réglages derrière.

Quoiqu’il en soit c’est encore une fois une œuvre importante dans le contenu et dans le contenant qui prouve que Bill Callahan est peut-être le songwriter « sérieux » du 21ème siècle.

Extrait : Baby's Breath




2 commentaires:

  1. On n'en a jamais fini avec lui, il a toujours quelque chose à découvrir.

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