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mercredi 4 avril 2012

Disque : AA Bondy - Believers (2011)


Encore un disque qui incite à prendre la route. "On the road again" comme dirait l’un. Mais cette fois-ci on la prend à pied à l’image de la photo qui orne la pochette du troisième album de AA Bondy, en tendant le pouce pour se faire embarquer par le premier "truck" venu pour vivre la route comme les vrais baroudeurs. De longues routes toutes droites comme celles qui traversent les États-Unis du nord au sud, les routes 81, 29, 135, 35 et 77, de Pembina à Brownsville. Des routes en plein cœur du pays, l’"America’s Heartland". C’est tout cela que m’évoque la musique d’Auguste Arthur Bondy, un garçon qui a parcouru du chemin pour arriver jusqu’à ce disque, sans aucun doute son meilleur.

Leader d’un groupe à ses débuts (Verbena), le voici en solo depuis trois albums. Il est l’auteur d’une musique qui emprunte aussi bien au blues, au style folk qu'à l’americana. On y retrouve de la pedal steel, mon péché mignon pour ceux qui me suivent, une guitare profonde dont certains arpèges sonnent comme un cri au milieu de la nuit, une certaine lenteur dans les morceaux qui nous rappelle qu’on a pris la route à pied et cette voix, légèrement voilée, usée par le répertoire grunge qu’il a défendu dans son premier groupe. Cet album est un vrai disque urbain, pas de champs de coton autour de nous, plutôt des champs de buildings et puis au dessus de notre tête un ciel noir sans étoiles.

"C’est beau une ville la nuit" disait l’autre et il avait raison surtout quand on la traverse avec Believers sur les oreilles.

Extrait : Rte.28/Believers




mardi 10 janvier 2012

Disque : Sallie Ford & The Sound Outside - Dirty Radio (2011)


Je me la joue rebelle, je bouscule la conventionnelle musique folk qui représente la majorité voire plus des chroniques du blog pour vous parler du premier disque long format de Sallie Ford & the Sound Outside. 

Si je vous parle de rebelle c’est parce que la jeune américaine à peine âgée de 22 ans l’est aussi à sa manière. Derrière une monture de lunettes rétro et un air à sortir du placard d'un intérieur américain des années 50, Sallie semble ignorer les modes actuelles pour mettre en avant un style de musique qui a pris la poussière depuis un bon nombre d’années : le rockabilly. Elle fait bien plus que le dépoussiérer, elle le fait briller. Elle lui insuffle toute l’énergie de sa jeunesse que les vieux vétérans du genre ont perdue avec leurs dents. Vous ne pourrez vous empêcher de vous déhancher sur le swing de la contrebasse ou sur les solos de la lead guitare à moins que vous ne préféreriez inviter votre moitié à danser sur un slow hors la loi ("Against the Law"). Et quand les mélodies ne sonnent pas rock, elles sont blues ou soul grâce au superbe timbre de voix de Sally qui n’a rien à envier à feu Amy Winehouse ("Where did you go ?"). Ce disque est blanc à l’extérieure mais il est bel et bien noir à l’intérieur, c’est du groove pur jus. L’album se conclut par "Nightmares", somptueuse ballade qui risque fort de hanter mes nuits pour un long moment.

Extrait : I Swear