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jeudi 10 mai 2012

Disque : Pond - Beard, Wives, Denim (2012)


Pour tous ceux qui comme moi avaient subi les effets secondaires de l’Innerspeaker de Tame Impala il y a deux ans maintenant et qui avait provoqué une véritable accoutumance, voici Pond. Non je vous rassure ce ne sont pas des hallucinations auditives que vous aurez l’impression d’entendre dès le premier accord de guitare de "Fantastic Explosion of Time". Non vous ne subissez pas de vapeurs et vous ne vous êtes pas trompés de disque. C’est bien Pond qui passe en ce moment dans votre intérieur enfumé par l’encens que vous aurez pris soin d’allumer. Pond est en fait composé de trois membres de Tame Impala d’où ce son similaire. Mais attention, c’est bien plus qu’un simple générique, Pond existait avant et Beard, Wives, Denim est déjà leur troisième album. Seul Kevin Parker manque à l’appel mais il n’est pas très loin, derrière les manettes.

Nouveau plongeon au cœur du psychédélisme, du gros son, de la fuzz à profusion, des amplis orange aussi haut que des buildings et du passage à tabac des fûts de batterie. Pond c’est un son massif mais carré qui régalera les nostalgiques des années 70. Rien de nouveau en terme de création mais c’est l’occasion d’écouter un album récent sans avoir à sortir la poussière des disques de l’époque.
Les nostalgiques de Led Zeppelin y trouveront leur compte ("Elegant Design" semble écrite par la bande à Robert Plant). Les fans des Kinks auront les oreilles qui frétillent à l’écoute du riff de "Leisure Pony" et il y en aura aussi pour les amateurs de pop west coast ("Allergies") et du glam rock.

Ambiance bon enfant sur ce disque (à l’image de la pochette) dans lequel les jeunes australiens nous donne donnent leur version des compilations Nuggets qu’il ont du consommer excessivement lorsqu’il étaient plus jeunes.

jeudi 19 avril 2012

Disque : REZA - Supermaan (2012)



La dernière fois que j’ai croisé la route de Reza, il était engagé dans un road trip façon Calexico pour une durée de deux albums. Ce nouvel album semble être l’occasion pour le franco-iranien de poser ses valises, peut-être du coté de l’Australie, pas très loin des Go-Betweens à qui il rend un superbe hommage avec sa reprise de "Love Goes On".

Sur ce disque, Reza place sa délicieuse voix de baryton sur des compositions plus pop, enluminées d’un romantisme qui me rappelle par certain coté le chant et l’approche de Konstantin Gropper ("The House Near the Airport"). Quant aux influences country, elles laissent désormais place à des compositions folk désertiques : de grands espaces mélodiques où les instruments sont intenses comme le rouge de la terre du Grand Désert de Victoria ("Killer").

La musique de Reza éblouit comme un coucher de soleil et je reste fasciné par le contraste entre ce timbre, fort et solide, et son interprétation, fragile et cassante ("Playground"). 

Sans aucun doute ce garçon est un superhéros qui a le don d’être subtil et de nous charmer à chacune de ses sorties.

Et si vous voulez soutenir ce disque et participez à sa production, rendez-vous sur le site de Microcultures !

Extrait : Love Goes On




mardi 17 avril 2012

Disque : Moon Rambler - Melancholy (2012)


Je vous invite à une promenade nocturne sous la lumière bienveillante de la lune. Nous suivrons les pas d’un guide pas comme les autres, un oiseau de nuit répondant au doux nom de Moon Rambler. Nous nous envolerons ("Fly Away") par desssus l’"Ocean" en évitant la pluie ("Rain") et la neige ("Snow") en direction du soleil voire au delà en espérant croiser une autre planète ("Neptune"). Nous nous échapperons ("Escape") à travers la nature ("Into the Wild") sous la protection de notre bonne étoile ("My Star") en espérant sauver notre pauvre âme de pécheur ("Save Yourself") et si ce n’est pas le cas nous pourrons toujours continuer de rêver comme on le fait tous les jours ("Day Dreamer") et donner cette impression d’être dans la lune ("From the Moon").

Petit "Interlude" pour vous évoquer toute la poésie et la liberté qui résident dans les chansons de ce garçon dont je ne connais même pas le nom mais dont j’ai pu faire la découverte au détour d’Internet. Heureuse rencontre et heureuse écoute de compositions folk dans leur plus pure nature. Des compositions presque nues sur lesquelles on peut entendre une voix, une guitare et des sifflements. Cela m’évoque Andrew Bird, Tim Buckley, la nature, les montagnes, l’odeur du bois, les hirondelles et le printemps.

Un disque que l’on peut aussi écouter la nuit venue pour voir danser les étoile. 


jeudi 12 avril 2012

Disque : Yalloh - Abcity (2012)


Le mécanisme semble enrayé, les rouages du temps paraissent bloqués. Depuis trois semaines, nous sommes censés être dans la saison du printemps alors qu’il pleut et vente comme en plein automne. Heureusement il y a Yalloh pour adoucir cette mauvaise météo et je pense que son premier disque aura pour effet de faire fuir tous ces nuages malvenus.

Il y a dans cet album tous les ingrédients d’une jolie période durant laquelle on aime flâner dehors : une voix chaude comme les premiers rayons du soleil, une musique fraîche comme une brise qui interdit les bras nus, des compositions douces et fragiles comme les premiers bourgeons que l’on voit apparaître dans les champs, les arbres ou le bord des routes. Il y a dans son approche de la légèreté et de la finesse comme dans le carré de soie que l’on peut voir autour du cou des jeunes filles qui savent qu’en avril il ne faut pas se découvrir d’un fil.

Les chansons de ce jeune garçon sont un mélange de pop mélancolique et de folk classieux qui me font penser à Beck période Sea Change ("Chasing the Monsters"), Syd Matters ("Abcity") et même Tom Yorke ("Abcity#2"). Le tout est composé avec beaucoup de sensibilité, des mélodies à fleur de peau. Ça sent le vécu, à travers des voyages, les événements de la vie comme l’histoire qu’il raconte tout au long de ces onze chansons, celle d’un homme qui quitte sa ville.

Alors si vous aussi vous voulez sortir de la zone urbaine et vous offrir un espace de liberté ressemblant à un champs de fleurs sauvages, parcourez Abcity.

Extrait : Nothing at All 




samedi 7 avril 2012

Disque : Yeti Lane - The Echo Show (2012)


En ce moment j’ai besoin de quelque chose qui me sorte de la réalité. Yeti Lane m’a offert cette possibilité grâce à son nouvel album intitulé The Echo Show.

Yeti Lane est un groupe français né sur les cendres de feu Cyann & Ben, formation déjà au combien intéressante mais dans un autre registre. La musique de Yeti Lane s’inscrit plutôt dans un répertoire psychédélique. On ne s’en serait pas douté en voyant cette pochette simple, monochrome et sans aucun effet visuel. A l’intérieur c’est le contraire. Les mélodies des parisiens sont complexes, travaillées, élaborées mais ne tombent jamais dans un brainstorming incompréhensible et ennuyeux. Avec Yeti Lane, il n’y a plus de notions de temps. L’heure, les minutes et les secondes laissent place à des plages sonores plus ou moins longues qui répondent à une conception musicale. Moins « fuzzé » que Tame Impala, plus musclé que MGMT, moins barré que Animal Collective et moins chevelus que The Besnard Lakes, Yeti Lane crée un pont intergénérationnel entre Pink Floyd, Kraftwerk et cette nouvelle génération qui explore l’univers du son. 

Si vous souhaitez défier l’espace temps sans avoir à vous procurer un convecteur temporel, je vous conseille donc de vous jeter sur ce disque.

Extrait : Warning Sensations




mercredi 4 avril 2012

Disque : AA Bondy - Believers (2011)


Encore un disque qui incite à prendre la route. "On the road again" comme dirait l’un. Mais cette fois-ci on la prend à pied à l’image de la photo qui orne la pochette du troisième album de AA Bondy, en tendant le pouce pour se faire embarquer par le premier "truck" venu pour vivre la route comme les vrais baroudeurs. De longues routes toutes droites comme celles qui traversent les États-Unis du nord au sud, les routes 81, 29, 135, 35 et 77, de Pembina à Brownsville. Des routes en plein cœur du pays, l’"America’s Heartland". C’est tout cela que m’évoque la musique d’Auguste Arthur Bondy, un garçon qui a parcouru du chemin pour arriver jusqu’à ce disque, sans aucun doute son meilleur.

Leader d’un groupe à ses débuts (Verbena), le voici en solo depuis trois albums. Il est l’auteur d’une musique qui emprunte aussi bien au blues, au style folk qu'à l’americana. On y retrouve de la pedal steel, mon péché mignon pour ceux qui me suivent, une guitare profonde dont certains arpèges sonnent comme un cri au milieu de la nuit, une certaine lenteur dans les morceaux qui nous rappelle qu’on a pris la route à pied et cette voix, légèrement voilée, usée par le répertoire grunge qu’il a défendu dans son premier groupe. Cet album est un vrai disque urbain, pas de champs de coton autour de nous, plutôt des champs de buildings et puis au dessus de notre tête un ciel noir sans étoiles.

"C’est beau une ville la nuit" disait l’autre et il avait raison surtout quand on la traverse avec Believers sur les oreilles.

Extrait : Rte.28/Believers




jeudi 22 mars 2012

Disque : Azure Blue - Rule of Thirds (2012)


Être signé par Matinée Recordings c’est pour moi un gage de qualité qui mérite toute ma considération et donc d’être écouté. J’ai beaucoup d’estime pour ce label qui ressemble à une succursale du feu label Sarah Records. Un label qui existe depuis 15 ans cette année et qui depuis ses débuts défend une certaine conception de la pop musique : légère et raffinée, douce et sucrée. Autant vous dire que pour un gourmand comme moi, le catalogue de Matinée Recordings est un vrai ravitaillement et une source de diabète musical !

Azure Blue est un peu une exception au cœur de ce catalogue. A la différence de leur voisin de label, les suédois d’origine nous gratifient de compositions qui prennent leurs racines dans la musique des années 80. Azure Blue c’est un peu comme si les Cure avaient troqué leur tenue noire pour du bleu, leurs touffes de cheveux pour une mèche bien plaquée. C’est du cold wave pour bisounours, pas de quoi glacer le sang donc mais au moins réchauffer nos oreilles. Pour cela la bande de Tobias Isaksson s’est armée de sons synthétiques, d’une basse ronde et chaude, de guitares tendues et froides. Décidément on connaissait le talent des nordiques pour les mélodies pop, la musique folk ou les rythmes electro-pop, on retrouve maintenant un de leur représentant dans un registre new wave et c’est plutôt réussi.


Extrait : Dreamy Eyes 




mercredi 14 mars 2012

Disque : Damien Jurado - Maraqopa (2012)


Écouter un disque de Damien Jurado revient à prendre la route au volant d’une Buick Roadmaster version année 50, les vitres grandes ouvertes, le soleil couchant de l’Arizona en ligne de mire et un œil sur le rétro pour regarder dans le passé. On a l’impression de vivre le rêve américain. Enfin du moins c’est ce que le natif de Seattle m’offre à l’écoute de ses disques.

La musique de Damien Jurado est vraiment racée américaine. Il fait partie de ces songwriters folk qui ont un don pour décrire leur pays à travers chaque note et chaque son. Maraqopa est une fois de plus une œuvre qui témoigne de son attachement à une culture, à un pays. On peut toujours entendre l’héritage de Neil Young comme sur sa chanson "Maraqopa" ou sur la très électrique "Nothing is the News" mais pas seulement. Les compositions de Damien Jurado ont pris du volume depuis qu’il collabore avec Richard Swift (Saint Bartlett, le précédent disque était leur première collaboration). Le producteur a apprivoisé le folkeux à fleur de peau et lui a apporté de délicates finitions assez discrètes pour ne pas enlever le charme à son écriture. Il offre ainsi de nouvelles orientations à Damien en se tournant vers des sonorités rétro. On remonte le temps pour trouver des ambiances fifties sixties, entre soul, samba et cha cha cha ("This Time Next Year", "Working Titles"). La touche Swift c’est un clavier, un effet sur la voix, un claquement doigt ou un chœur, de quoi illuminer des compositions déjà riche en intensité.

Cette association qui m’avait déjà plu sur Saint Bartlett, me convainc définitivement sur Maraqopa, qui sans être du niveau de Ghost of David, est un très bon disque de la part d’un artiste régulier et surtout définitivement essentiel !

Extrait : Working Titles




jeudi 1 mars 2012

Disque : Radical Face - The Family Tree : The Roots (2011)


Si vous aimez les histoires de fantômes, vous allez aimer l’histoire racontée par Ben Cooper, aka Radical Face, à travers ces onze chansons. The Family Tree : The Roots est son troisième disque sous ce nom de scène et le premier volet d’une trilogie qui fait le récit d’une famille fictive du 19ème siècle vivant dans une maison hantée. Frissons garantis, pas de peur mais plutôt d’émotions. Il aura fallu quatre années à l’américain pour réaliser ce disque. Quatre années de réflexion sur un scénario monté de toute pièce. Quatre années d’isolement dans une cabane au fond du jardin de sa mère. Ben Cooper a choisi une instrumentation authentique pour mieux témoigner de l’époque dans laquelle est censée vivre la famille Norhtcotes : piano, violon, guitare acoustique, banjo, accordéon.

Une fois le disque commencé, on s’imagine entrer dans l’intimité de cette étrange famille par la porte d’une immense bâtisse victorienne. L’intérieur est sombre et abandonné. Les pièces sont multiples et sont toutes hantées par divers esprits : les chambres d’enfants par celui de Sufjan Stevens ("Family Protrait"), la chambre d’adulte par Arcade Fire ("Ghost Towns", "Kin") et tous les pièces communes par Other Lives ("A Pound of Flesh", "Black Eyes") . Cette maison n’est donc pas si abandonnée qu’elle en a l’air. Au contraire elle est meublée par une orchestration qui place les compostions de l’américain entre musique folk et pop mélancolique presque dramatique. De bien belles compositions pour un seul homme, habité par la grâce. Un génie folk.

Extrait : Severus and Stone 




mardi 28 février 2012

Disque : Sarabeth Tucek - Get Well Soon (2011)


Écouter un disque revient parfois à pénétrer l’intimité d’un artiste. C’est le cas avec le second album de Sarabeth Tucek. L’ancienne choriste de Smog a écrit Get Well Soon suite au décès de son père. Ça peut paraître curieux ou voyeuriste mais c’est cela qui ma donné envie de découvrir ses chansons. J’avais envie d’entendre ce qu’elle avait à raconter sur cette douloureuse perte que j’ai moi-même vécu. C’est souvent dans ce genre de situation que l’artiste révèle tout son talent en livrant son vécu, ses sentiments.

Sarabeth nous ouvre son cœur et une page de son histoire. Elle partage avec nous ses souvenirs, les souvenirs d’un père qu’elle devait sûrement admirer ("A view"). Vous ne resterez pas indifférents à chacun de ses clins d’œil car tout est authentique, honnête et sincère ("The Fireman"). Mais malgré l’émotion qui règne tout au long de cet album, Sarabeth est aussi quelqu’un de fort et ça se ressent musicalement. Derrière ses ambiances folk se cachent des mélodies tendues qui pourraient exploser à tout instant comme si les larmes montaient aux yeux mais n’arrivaient pas à couler. On doit cela à une guitare tantôt acoustique, tantôt électrique qui me fait penser au jeu de Neil Young ("Wooden").

Plus qu’une thérapie pour guérir une douleur, plus qu'un exorcisme pour faire fuir les fantômes qui la hantent ("Exit Ghost"), Get Well Soon est un très bel hommage d’une fille à son père. Elle m'a touché à travers des chansons que je me suis appropriées pour mieux les dédier à celui qui me manque terriblement.

Extrait : Wooden




samedi 25 février 2012

Disque : William Fitzsimmons - Gold in the Shadow (2011)


J’ai beau écouter ce disque de William Fitzsimmons plusieurs fois par semaine, j’ai beau passer en boucle son premier morceau "The Tide Pulls From the Moon", je n’arriverais toujours pas à écrire un texte pour vous parler de cet album. Je n’arriverais pas à écrire tout le bien que je pense de ce garçon et de sa musique. Je n’arriverais pas à décrire tout ce qu’il me procure, tout l’effet qu’il provoque en moi, entre larmes et rires.

C’est la troisième fois que je m’y reprends et je ne suis toujours pas convaincu.  C’est terrible de ne pas pouvoir partager un coup de cœur. Alors je pourrais faire vite et vous dire d’aller écouter ce disque pour vous faire une idée de la qualité de l’objet mais mon blog perdrait de son intérêt (si intérêt il a pour quelqu’un). 

Je crois que je suis face à ce disque comme on peut être face à une jolie fille ("Beautiful Girl"), je suis timide. J’ai l’estomac noué, la gorge sèche et les mains moites devant la beauté naturelle des compositions de l’américain. Sa musique est douce et sensible, féminine en quelque sorte. Non je vous rassure, il n’y a rien de macho dans ma phrase précédente. J’assume la part de féminité qu’il y a en moi et je pense que cette caractéristique de ma personnalité a été touchée à l’écoute de Gold in the Shadow. Un album de musique folk parfumée à la pop songs qui a non seulement le charme d’un Sufjan Stevens mais aussi la poésie.

Extrait : The Tide Pulls From the Moon




lundi 20 février 2012

Disque : Love Handles - Cosmopolitan Distrust (2012)


La naïveté est loin d’être un défaut lorsque qu’elle est mise en musique par Love Handles. A la veille de la fin du monde, qui semble avoir déjà commencé par le déclin d’une société qui a trop abusé du capitalisme, il fait bon de se réfugier dans les chansons de cette jeune et fraîche formation bordelaise. 

Enregistré avec l’aide de Stéphane Gillet (The Best American Band !, Robert & Mitchum et producteur entre autre de All Cannibals),  Cosmopolitan Distrust est leur deuxième EP. Marquée par les tremolos, la guitare nous renvoie avec nostalgie vers les glorieuses sixties tandis que la reverb nous enveloppe dans une ambiance vaporeuse effaçant les images du présent. Les quatre garçons nous donne leur vision de l’insouciance, le regard de doux rêveurs qui ont encore des yeux d’enfants. Ils m’ont convaincu de fermer les yeux et d’être un peu plus songeur. J’imagine alors un monde où le catalogue Sarah Records serait encore actif, la twee pop résonnerait à tous les coins de rue, le spleen se marierait au romantisme et on aurait de l’amour plein les mains à donner aux autres.

Je vous invite à télécharger leur musique sur leur bandcamp et à partager ce trop plein d'amour.

samedi 18 février 2012

Disque : Tokyo/Overtones - The Underground Karaoke (2012)


Après quatre ans de dur labeur, un nouveau label, un renfort, le soutien de fan dans le cadre d'une levée de fonds, Tokyo/Overtones peut être fier du travail accompli. Ils ont pris leur temps, ils ont peaufiné leurs textes, ils ont sculpté leur mélodies, ils ont chéri du début jusqu'à la fin ce deuxième album et ça se ressent.

Surtout ils continuent de défendre un rock qui semble avoir disparu de la création actuelle victime de la fameuse tendance. Ils rallument le flambeau éteint par des formations comme Interpol ou Editors que l'on ne retrouve pas là où on les a tant aimées. A l'heure où la nouvelle génération se noie dans des nappes de réverbération comme pour cacher une certaine justesse, Tokyo/Overtones hausse le volume des amplis. Les havrais continuent d’œuvrer dans un rock urbain qui emprunte le périphérique pour nous embarquer dans une course poursuite des plus speed ("(Bipolar) Girl"). The Underground Karaoke est aussi un disque qui contient des tubes capables d'embraser les dancefloor avec un rock teinté de disco façon The Rapture, des chansons nerveuses qui font circuler le sang de la tête au pied. 

Laissez-vous embarquer dans cette virée nocturne à travers une ville sombre où tout peut arriver même au mois de juillet ("Everything happens in July")

Extrait : 30 Nerves




mardi 14 février 2012

Disque : Nada Surf - The Stars Are Indifferent To Astronomy (2012)


Petite chronique rapide et spontanée car je n'avais pas du tout programmé de vous parler du dernier disque de Nada Surf. A la veille de leur concert auquel je vais assister, j'avais envie de parler de ce groupe exemplaire. 15 ans de carrière (20 depuis l'année de formation du groupe), des musiciens qui attirent la sympathie, une discographie irréprochable et toujours cette même envie et ce même plaisir de jouer. Nada Surf détient la recette de l'élixir de Jouvence. 

The Stars Are Indifferent to Astronomy témoigne de cette éternelle jeunesse. Des adultes qui voient le monde avec des yeux d'enfants ("Teenage Dreams"). Ces trois quadragénaires jouent toujours avec la même énergie, celle du premier album mais en moins brouillon je vous rassure, à commencer par le très rythmé "Clear Eye Clouded Mind". Nada Surf c'est l'art du gros riff et du pont bien placé qui vous fait chavirer de tous les cotés. Nada Surf c'est l'art de vous faire bouger que vous le vouliez ou non. On ne peut pas rester de marbre à l'écoute de cette ryhtmique explosive composée de Daniel Llorca et Ira Elliot.

Vous l'aurez compris, rien à reprocher à ce disque. Du bon Nada Surf qui contient des fulgurences rock (college rock même), de jolis instants pop ("Let the Fight Do the Fighting") et des flashbacks ("When I Was Young"). Nada Surf est probablement le seul groupe à l'heure actuelle capable de réunir des trentenaires dégarnis nostalgiques des années 90 et des adolescents à mèches fan de skate.

Extrait : Let the Fight Do the Fighting




vendredi 10 février 2012

Disque : Meringue, Alcohol and Us - Loud (2012)



Ingrédients :
Une fille
2 garçons
Plein d’instruments
Une bonne dose d'humour et de joie de vivre

Faites se rencontrer trois jeunes gens dans un petit bar du coté de Poitiers.

Mélangez leurs cerveaux plein d’imagination.

Glissez leur dans les mains une armada d’instruments magiques : violoncelle, glockenspiel, mandoline, ukulélé, percussions,...

Ajoutez un soupçon d’Herman Dune (ou de Moldy Peaches selon votre préférence).

Laissez reposer pendant six ans.

Reprenez votre ensemble en 2012, mélangez (c’est important de mélanger en pâtisserie), pétrissez même.

Enfournez dans votre lecteur mp3 ou votre platine disque, appuyez sur le bouton lecture et écoutez pendant 48 minutes.


La musique de ce trio est une cuisine familiale et généreuse. Sous la bannière d'anti-folk, le groupe tourne à la dérision la musique folk tout court parfois trop sérieuse et pleurnicharde. Ces joyeux lurons nous enchantent avec leurs mélodies de boîte à musique ou de comptines pour adulte. Qui n’a jamais rêvé retourner en enfance l’espace d’un instant, c’est un peu ce que nous propose Meringue, Alcohol and Us. Un instant sucré et gourmand de musique qui n’est pas pour me déplaire, moi le pâtissier, le papa qui prend encore le temps de faire des goûters.
Mais attention tout ceci est bien sérieux et je vous conseille vivement de mettre en pratique la recette présentée plus haut. Si vous avez du mal à trouver les ingrédients, c’est sur leur bandcamp qu'il faut vous fournir.

mardi 7 février 2012

Disque : Anna Ternheim - The Night Visitor (2012)


Pour avoir écouté ce disque avec ou sans neige je peux vous dire que c’est l’écrin idéal pour un vrai temps d’hiver. Confortablement installé dans notre cocon familial en cette fraîche et blanche journée de dimanche, c’était le moment idéal pour découvrir le disque d’Anna Ternheim dont on dit le plus grand bien partout sur la blogosphère et à commencer chez mon ami Blake.

Cela s’est avéré être un vrai moment douceur alors que la vie dehors semblait s’être arrêtée. Même ma fille s’est laissée séduire par les mélodies folk de la jeune nordique. Surprenantes mélodies qui s’inscrivent dans la plus pure lignée des traditionnelles chansons nord américaines avec toute la dose de violon et de guitare acoustique que cela nécessite ("Lorelie-Marie") et même de la flûte pour apporter un petit air celtique ("God Don't Know"). Vivant aux Etats-Unis depuis quelques temps, elle s’est donnée les moyens pour atteindre ce résultat en s’entourant de musiciens country originaires de Nashville dont Dave Ferguson qui interprète avec elle "The Longer the Waiting".

Ce disque est  un condensé de petite ballades intimes, douces et fragiles comme le physique de la suédoise, une promenade paisible au cœur de la vallée du Tennessee, un vrai album d’americana par une européenne. Décidément en 2010 un suédois nous livrait le meilleur album folk de l’année (The Tallest Man On Earth), en 2012 la suédoise Anna Ternheim est très bien partie pour le succéder.

Extrait : Bow Your Head




lundi 30 janvier 2012

Disque : David Abel - Beyond the Black Sea (2012)


Cette année je veux que ce soit l’année du voyage, à commencer par le voyage musical. David Abel est le premier artiste à m’offrir une belle espacade. 

Il sait de quoi il parle le néo-zélandais expatrié en France. Il a du en voir du pays avant d’atterrir dans notre capitale et ça se ressent dans sa musique. David Abel nous transporte dans son sac à dos à poches multiples dans lequel on retrouve une guitare, un banjo, un violon et des mélodies folk sensibles et joyeuses qui semblent parler à toutes les nationalités. Le néo parisien me fait penser à un ménestrel des temps modernes qui prend la route pour chanter sa poésie. Il est à la fois Andrew Bird ("Madame Ray") ou The Tallest Man On Earth ("Won't Come Looking For Me"), violon pincé ou arpège de guitare claqué. Une guitare profonde qui résonne souvent comme un écho intérieur. David transforme la ville en vaste campagne, Paris entourée de montagne et au milieu coule un fleuve sur lequel on se laisse porter comme sur ses mélodies acoustiques. 

Comme je vous le disais plus haut vous allez voyager à l'écoute de ce premier album. Vous n’aurez jamais l’impression d’être là où vous vous trouvez. Dépaysement garanti.

Extrait : Madame Ray






Un packaging soigné...

...qui fait penser à un baluchon

jeudi 26 janvier 2012

Disque : Pull - The Prawn Clown/The Berlin Tapes (2007)


Depuis ce week-end je réécoute avec nostalgie la discographie de Pull. A vrai dire, ce n’est pas innocent, dans quelques semaines je vais assister à la renaissance de ce projet sur scène, au Saint-Ex à Bordeaux, sur ses terres avec l’espoir que cela ne se limitera pas à un concert.

A la tête du projet Pull il y a David Lespes, un boulimique de musique qui a avalé des kilos de lo-fi et qui a tout recraché quelques années plus tard dans le projet Calc monté de toute pièce avec Julien Pras puis à travers Pull, son projet à lui. Pull, une thérapie qui lui permet de soigner cette addiction à la création. Car David est un auteur prolifique au même titre que Kim, Julien Pras ou Lispector, des noms qui ressemblent un peu à des Daniel Johnston version bordelaise.

The Prawn Clown, connu sous le nom de Berlin Tapes, est le dernier disque de Pull. Un disque que j’ai eu la chance de me faire offrir des mains de l’artiste lui-même. Ce magnifique objet (sous forme de petit livre avec photo, texte et puis surtout cd) a été conçu lors de son exil en Allemagne, à Berlin. Entre sensibilité contenue et énergie positive, ce cœur d’artichaut musical balance pour le lo-fi d’Elliott Smith, la power pop de Teenage Fanclub ou Ween et les collages électroniques à la Notwist.

The Prawn Clown est presque autobiographique finalement, un condensé de cette très belle personnalité qui se cache derrière David Lespes : généreux (16 titres), amical (Jon Smith, Tender Forever, Rhesus et les autres proches qui ont participé à ce disque), passionné (la musique fait partie de sa vie depuis toujours et encore aujourd’hui lorsqu’il programme les artistes pour la salle de concert du Krakatoa).

Et pour en savoir plus sur la soirée événement du 17 février au Saint-Ex (Bordeaux), cliquez ici et là.

Extrait : Hey Girl




mardi 24 janvier 2012

Disque : Ewert And The Two Dragons - Good Man Down (2012)


Ewert And The Two Dragons n’est pas le titre d’un conte nordique que l’on raconte aux enfants le soir avant de se coucher. Pourtant il y a bien un lien entre ce nom et cette zone géographique de l’Europe puisque les membres de ce groupe sont originaires d’Estonie. Pas tout à fait scandinave je vous l’accorde mais ses habitants le revendiquent. Légendaires ils pourraient le devenir avec leur nouvel album du moins ils en ont le potentiel. Je me verrais volontiers raconter plus tard à mes petits enfants comment le label Talitres a de nouveau sorti de son chapeau magique une merveille de mélodies faciles à écouter et justes. 

Ce disque se présente comme une évidence à mes oreilles. Le groupe réalise des compositions classieuses, de la dentelle musicale à coup de piano, xylophone et choeurs à la Beach Boys. Les estoniens rebondissent de mélodies pop en chansons folk ("Panda", "Sailor Man"). Leur leader possède une très belle voix, assez distincte, et on sait le label sensible à cet "instrument". Ce groupe me fait le même effet qu'Other Lives l'année dernière, il me donne l'impression de sortir de la pénombre et m'ouvre des horizons musicaux lumineux.

Vous l’aurez compris, Ewert a tout pour écrire une très belle et longue histoire pleine de rêve et de magie. C’est la plus belle révélation de ce début d’année et je pense que ce sera gravé pour les mois, les semaines et les jours à venir.

Extrait : Jolene




vendredi 13 janvier 2012

Disque : Cass McCombs - Humor Risk (2011)


Sept mois après Wit’s End, Cass McCombs a fait de nouveau l’actualité l’année dernière avec Humor Risk. Mais la prouesse de l’américain réside surtout dans le fait que ce nouveau disque est d’aussi bonne facture que son jeune prédécesseur. 

Au lieu d’offrir une suite au long slow dans lequel il s’était engagé sur les huit titres de Wit’s End, le songwritter nous présente une autre facette. Moins romantique, moins langoureux, Cass se permet même quelques écarts rock sur le morceau "Mystery Mail". Mais ce qui m’a plus le plus marqué à l’écoute de cet album c’est une ambiance au vagabondage, à la manière de Kurt Vile, lui aussi auteur d’un excellent album en 2011 dont vous avez pu lire la chronique ici. Par vagabondage, j’entends une sorte de nonchalance folk, des mélodies légères portées par le « gratouilli » indolent de la guitare acoustique. 

Ce disque donne envie de prendre la route, baluchon  sur le dos et de marcher sur les traces de Sal Paradise.

Extrait : The Living Word