Ecouter ce disque c’est comme se retrouver seul en pleine mer. On commence par flotter au gré du courant encore calme ("To Hear the Spirit") en suivant les mouettes qui se font entendre par le biais des guitares ("The Rich, the Poor,"). Puis lorsque la houle se lève on s’accroche tant bien que mal à la peau tendue des fûts de la batterie ("Everything Will Change"). Il faudra attendre le morceau "Paper House" pour plonger définitivement au cœur de la grande bleue. Une plongée profonde au cœur des guitares post rock qui nous rappelle celles d’Explosions In The Sky. Plus on avance, plus on franchit des paliers, plus on découvre la beauté de ce morceau puissant et profond comme les abysses. Il aura fallu prendre une grande inspiration pour arriver au bout de ce titre mais cela en vaut vraiment le détour comme lorsque l’on découvre un massif corallien. Le reste du disque est dans cette même continuité de découverte merveilleuse rythmée par la voix du chanteur qui évoque fortement celle d’Eddie Vedder.
J’espère que ce premier disque fera écho afin d'éviter qu'il ne sombre dans le monde du silence car si Over The Ocean a réussi à financer Paper House puis à trouver un label numérique pour le diffuser, il faut maintenant qu'il trouve son public. Alors que ceux qui ont le pied marin embarquent immédiatement !
C’est une amie, qui me veut forcément du bien, qui m’a fait découvrir cette formation et ce disque. C’est une fois de plus un album sorti en 2010. Décidément je n’en ai pas terminé avec cette année que je trouve bien riche en sortie musicale.
Avec Travels vous entrez dans l’intimité d’un couple formé par Mona Elliott et Anar Badalov. A la lumière des bougies, allumées par le titre introductif et instrumental (« Swimming »), on assiste à un tête à tête. Un homme et une femme qui se parlent à l’unisson. Les chansons sont pour la plupart chantées en chœur. Les deux voix se mêlent parfaitement sur des mélodies épurées entre post-rock et noise. Cela ressemble à un couple en pleine harmonie à moins que ce ne soit le repas de rupture. Quoiqu’il en soit c’est à une confidence que vous tendrez les deux oreilles.
Les guitares, une au son clair et l’autre saturée, accentuent cette ambiance mélodramatique que seule la batterie et le clavier (« Burr Song ») semblent atténuer. Mais heureusement l’histoire se termine bien pour le couple sur cette tendre mélodie intitulée « My Funny Valentine ».
Quelque part dans une ville qui semble abandonnée, il y a un jeune homme seul dans un appartement. Alors que même les corbeaux ont décidé de fuir, il résiste avec pour seul objectif de faire de la musique. Une musique entre folk, pop et post rock, celle-là même qu’il écoutait et qui l’inspirait il y a quelques temps. Celles de ses ainés, Sufjan Stevens, Radiohead ou bien Deerhunter qu’il cite comme principal influence. Et bien il est temps d’ouvrir les fenêtres de cet appartement et de faire entendre les mélodies de ce jeune homme qui se cache derrière le patronyme de Third Mirror car sa musique ne manque pas de personnalité.C’est assez surprenant comme les six premières chansons de son petit répertoire témoignent déjà d’un univers dans lequel on s’immisce avec beaucoup de facilité. Il y est question de mélancolie bien sûr, difficile de faire autrement avec des influences pareilles. Sur des riffs de guitares très riches alternant arpèges, accords noise et solo gilmourien (« Red Feather »), sa voix évoque à la fois les envolées d’un Morissey et la retenue d’un Syd Matters. L’artwork de la première démo de Third Mirror rappelle d’ailleurs la première production du parisien. Je souhaite au bordelais le même destin que ce dernier !
En attendant je vous conseille d’aller écouter le bandcamp de cet artiste et de partager bien sûr !
Sans la bonne idée d’un ami d’envoyer une démo au label Temporary Residence Limited, le groupe Explosions In The Sky aurait pu ne jamais exister, du moins aux yeux de l’industrie du disque. Mais heureusement le label en question a eu la judicieuse idée de les signer.
Pour décrire la musique d’Explosions In The Sky je la comparerais à une histoire sans parole. Je dis cela parce qu'elle est uniquement instrumentale. Pas de chanteur, pas de parole. Au premier abord c’est surprenant mais je me suis vite habitué, accoutumé. Car lorsque l’on rentre dans l’univers de ces quatre garçons, on comprend que la musique se suffit à elle-même et raconte déjà beaucoup de choses. Les titres sont déjà évocateurs des sensations et du ressenti : "First Breath After Coma", "The Only Moment We Were Alone", "Your Hand In Mine", "The Birth And Death Of The Day". A nous d’imaginer le texte ou simplement éprouver des émotions car il se passe beaucoup de choses le temps d’une chanson. On peut passer du rire aux larmes, du frisson à la chaleur. On ne peut pas rester indifférent face des mélodies aussi expressives.
Il est vrai que les deux premiers albums (How Strange, Innocence et Those Who Tell the Truth Shall Die / Those Who Tell the Truth Shall Live Forever) ressemblent à des premières ébauches. Le groupe cherche son son, encore un peu brouillon notamment au niveau des guitares qui ont tendance à saturer. On y trouve tout de même de superbes moments comme le titre "The Moon Is Down".
Le troisème album est déjà un aboutissement (The Earth Is Not A Cold Dead Place). Les arpèges de guitares sont cristallins. On est tout de suite embarqué par la répétition des riffs et la batterie jouent parfaitement son rôle de défibrillateur pour relancer les morceaux sur la durée.
Extrait :
Leur dernière production en date, All of A Sudden, I Miss Everyone, est dans le même esprit que le précédent. Le groupe est posé, le son est trouvé, la marque de fabrique Explosions In The Sky est déposée. Leur musique se veut narrative, les transitions entre chaque morceau sont parfaites.
Extrait :
J'aurais pu aussi vous parler de The Rescue, un EP expérimental qui semble être issu de sessions d'enregistrements à prise unique ou de la bande originale du film Friday Night Lights mais ce sont les deux seules productions que je ne connais pas.
A mes yeux cette formation est méconnue à tort. Dans le cas de ces quatre américains originaires d'Austin, c’est l’aspect instrumental qui est marquant. A ma connaissance, excepté Mogwai, ils sont rares les groupes qui se lancent dans te tels projets à notre époque, surtout lorsque c’est fait de brillante manière. La musique d’Explosions In The Sky est la bande son idéale pour profiter des petits instants de la vie, un lever ou un coucher de soleil, un paysage que l’on admire voire un feu d’artifice !